Le paysage technologique voit apparaître des agents intelligents conçus pour analyser les transactions bancaires. Ces programmes cherchent les doublons ou les services inutilisés afin de réduire les dépenses des utilisateurs. Aux États-Unis, des particuliers utilisent déjà ces solutions pour dialoguer avec les services clients. Des assureurs et des opérateurs télécoms font ainsi face à des interlocuteurs automatisés infatigables. D’après les calculs de Business Insider, si une partie des assurés américains adoptait cette pratique, les assureurs pourraient enregistrer une perte de 2,8 milliards de dollars de primes annuelles.
Noah Shinn, responsable de l’agent Instinct, explique que son outil examine les transactions pour annuler les abonnements superflus. De son côté, AJ Stuyvenberg, ingénieur chez Datadog, a utilisé ChatGPT pour renégocier son forfait internet. En une heure, il a obtenu une réduction tarifaire ainsi qu’un crédit fidélité. David Pawlan, de Merit Systems, a quant à lui mobilisé les services d’AgentCash pour réclamer des avoirs à une compagnie aérienne après une baisse de prix sur ses vols, récupérant 73 dollars en quelques minutes.
La question de la sécurité demeure centrale. Meta, avec son agent Muse, intègre ses processus dans des machines virtuelles isolées, tandis qu’un second agent nommé Sentinel vérifie chaque action vers Internet. Les paiements s’effectuent via des cartes générées par Link, un service de Stripe, évitant ainsi l’exposition des données bancaires réelles. En France, le cadre réglementaire permet techniquement l’accès aux données bancaires via des interfaces de programmation. Les éditeurs doivent toutefois se faire enregistrer auprès de l’ACPR pour opérer.
Parallèlement, la recherche sur les agents autonomes possède une longue histoire. Dès les années 1970, Marvin Minsky explorait la théorie de la société de l’esprit, voyant l’intelligence comme une collaboration de processus indépendants. Jean-Claude Heudin, qui a travaillé sur des modèles de chatbots multi-agents, souligne que la cohérence de ces systèmes peut être maintenue par une sélection émotionnelle. Pourtant, cette technologie suscite des inquiétudes. Le patron d’Anthropic a évoqué le risque qu’un essaim d’agents puisse déstabiliser des pans entiers d’Internet. Laurence Devillers qualifie certains dirigeants du secteur de pompiers pyromanes, pointant du doigt une forme de schizophrénie entre leurs demandes de pause dans le développement et leurs intérêts financiers. Face à ces risques, des experts préconisent l’intégration de systèmes de protection active et de mécanismes d’arrêt d’urgence, comparables à ceux utilisés dans les équipements militaires.
— Caricat-media.org

