L’Assemblée générale des Nations unies a pris une décision marquante en décembre 2011 en instaurant la Journée internationale de la fille. Cette date, fixée au 11 octobre, a pour objectif premier de mettre en exergue les droits spécifiques dont disposent les filles à travers le monde. Depuis 2012, cette célébration annuelle permet de souligner les obstacles particuliers rencontrés par les adolescentes dans leur quotidien.
Dans ce contexte, l’association Capital Filles porte une proposition visant à transformer la dénomination de cet événement. L’organisation suggère de renommer cette journée en Journée internationale des droits des filles. Cette évolution terminologique s’inspire directement de l’appellation utilisée pour la Journée internationale des droits des femmes. Selon Capital Filles, ce changement permettrait de mieux sensibiliser le public aux inégalités qui persistent au sein de la société actuelle. L’association, qui se consacre au mentorat et au suivi des jeunes filles issues des zones rurales ou des quartiers prioritaires de la ville, place l’égalité des chances au sommet de ses priorités.
La portée de cette journée dépasse les réflexions sémantiques pour aborder des situations sociales critiques. En Centrafrique, par exemple, la célébration du 11 octobre coïncide avec une réalité préoccupante : la pratique des mariages précoces et forcés. Bien que la législation en vigueur interdise formellement ces unions, elles restent une réalité pour une part importante de la population féminine jeune. Ces pratiques sont souvent justifiées par des références aux coutumes, aux traditions locales ou à des textes religieux.
Laurence Beldowski souligne l’importance d’une attention particulière portée aux droits des filles. Pour elle, si la défense des droits des femmes constitue un pilier essentiel, il est crucial d’initier cette démarche dès le plus jeune âge, en se concentrant sur les droits des filles. Cette approche vise à instaurer des bases solides pour garantir une égalité effective tout au long de la vie. L’accompagnement des jeunes filles, tel que promu par Capital Filles, s’inscrit dans cette volonté de transformer durablement les trajectoires individuelles en agissant sur les freins structurels et sociaux.
La persistance des mariages forcés, malgré un cadre légal restrictif, illustre les difficultés rencontrées par les instances internationales et locales pour faire appliquer les droits humains fondamentaux. La Journée internationale de la fille demeure ainsi un levier d’action pour alerter sur ces situations et promouvoir une reconnaissance pleine et entière des droits de chaque adolescente, partout dans le monde.
— Caricat-media.org

