La proposition de pourparlers formulée par le chef de l’État Félix Tshisekedi suscite une vive contestation de l’opposition en République démocratique du Congo. Durant son intervention du 27 août, le président congolais a suggéré la tenue d’un échange national intégrant les partis politiques. Toutefois, cette initiative écarte expressément les combattants du M23 de même que les acteurs opérant pour le compte du Rwanda. En réaction, l’opposition regroupée dans la coalition C64, réunissant notamment Martin Fayulu et Moïse Katumbi, rejette ces consultations. De son côté, la majorité présidentielle prend la défense de la démarche engagée par le pouvoir.
S’exprimant à Paris, Marie-Ange Mushobekwa, porte-parole du Front commun pour le Congo, a précisé la posture de son mouvement. Elle indique que l’ancien dirigeant Joseph Kabila vit actuellement hors du pays, un an après une condamnation à la peine capitale pour trahison prononcée par la justice à Kinshasa. La porte-parole réfute toute association entre le FCC et les groupes armés de l’AFC ou du M23, soulignant que Joseph Kabila n’a point porté les armes à l’encontre de la République qu’il a dirigée durant 18 ans avec son statut de militaire. Ces précisions ont également été réaffirmées publiquement par le cabinet de l’ancien président au moyen d’un communiqué officiel.
La situation des opposants demeurant dans la capitale fait aussi l’objet de dénonciations. Selon Marie-Ange Mushobekwa, plusieurs représentants du FCC, parmi lesquels Aubin Minaku, Emmanuel Shadary et Dunia Kilanga, subissent des arrestations illégales. Elle a en outre témoigné d’événements survenus le 21 décembre 2025 concernant ses propres enfants âgés de 17 et 18 ans, retenus et torturés dans la parcelle occupée par un responsable de l’ANR. Au cours du jugement qui s’est tenu ensuite, des policiers exécutants ont écopé d’une peine, tandis que le directeur de l’ANR a obtenu un acquittement.
Pour assister à une telle concertation, le groupe politique pose une série d’exigences préalables. D’après sa porte-parole, le rassemblement réclame l’application de mesures de décrispation politique initialement promises par le pouvoir central. Le mouvement demande également la mise en place d’une médiation impartiale sous le patronage de l’ONU ou de l’Union africaine. Enfin, l’organisation réclame des discussions totalement inclusives et réclame la délocalisation des séances dans un pays tiers afin de préserver la sécurité de l’ensemble des acteurs politiques vivant en exil.
Concernant le calendrier institutionnel, la représentante du FCC rappelle que le terme du mandat de Félix Tshisekedi intervient le 31 décembre 2028. À cette échéance, le président sortant devra organiser le scrutin pour céder le pouvoir au dirigeant désigné par le peuple. Malgré les pressions et la présence de militants en détention à Kinshasa, la plateforme affirme sa volonté de poursuivre un combat strictement démocratique et républicain sur le terrain politique.
— Caricat-media.org

