samedi, septembre 12, 2026

CARICAT MEDIA

AccueilPoliticsL'Algérie cesse toute relation diplomatique officielle avec les Émirats arabes unis

L’Algérie cesse toute relation diplomatique officielle avec les Émirats arabes unis

Le jeudi 10 septembre, le ministère des Affaires étrangères algérien a officialisé la fin des rapports diplomatiques entre l’Algérie et les Émirats arabes unis. La diplomatie d’Alger évoque des comportements qualifiés de provocateurs et d’hostiles de la part d’Abou Dhabi. Selon la chancellerie algérienne, toutes les voies de recours destinées à sauvegarder la relation bilatérale ont été consommées. Le pouvoir algérien considère désormais que les initiatives émiraties dépassent le cadre du tolérable. Dans ce contexte, la représentation diplomatique des Émirats arabes unis a été convoquée. Le ministre algérien a signifié la décision à l’ambassadeur émirati en lui accordant un délai de 48 heures afin d’organiser la coopération nécessaire.

Du côté des Émirats arabes unis, la chancellerie a diffusé un communiqué officiel manifestant le souhait que cette rupture ne demeure que temporaire. Abou Dhabi y réaffirme son attachement à la défense des intérêts mutuels et au maintien des liens entre les deux populations. Par ailleurs, Anwar Gargash, qui exerce la fonction de conseiller diplomatique du président émirati, a réagi publiquement sur le réseau X. Sans désigner explicitement l’Algérie, ce responsable a affirmé que l’action diplomatique devait s’appuyer sur la clarté, la communication et la rationalité. Selon lui, la réussite des échanges internationaux exige une gestion pragmatique des désaccords plutôt que l’émission de signaux complexes à interpréter.

Les frictions entre les deux nations s’inscrivent dans une dégradation continue de leurs rapports depuis plusieurs années. Le sujet du Sahara occidental demeure un point de friction majeur. Abou Dhabi valide la souveraineté marocaine sur cette zone, tandis qu’Alger appuie le Front Polisario dans sa revendication d’indépendance. De surcroît, les autorités algériennes s’opposent fermement à la normalisation des liens avec Israël. À l’inverse, les Émirats arabes unis ont scellé des accords diplomatiques avec l’État hébreu en 2020 sous le parrainage américain. Dans la bande du Sahel, la situation sécuritaire a également accentué le fossé. Abou Dhabi y a développé des alliances avec divers gouvernements, tandis que l’influence algérienne a reculé à la suite de coups d’État militaires répétés chez ses voisins méridionaux.

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune s’était déjà exprimé de façon critique à l’encontre du comportement d’Abou Dhabi. L’année précédente, le chef de l’État algérien avait décrit les relations avec les autres pays du Golfe comme chaleureuses ou fraternelles, tout en visant un État accusé d’ingérence. Lors d’un entretien accordé en juillet aux médias de son pays, Abdelmadjid Tebboune avait fustigé les actions d’un pays qualifié de minuscule, estimant que sa présence entraînait des divisions et des effusions de sang. Il avait précisé détenir des preuves de ces agissements, mais avait exclu une séparation immédiate pour ne pas aggraver les fractures du monde arabe. Dès le mois de février, l’Algérie avait démarré l’annulation de la convention de services aériens établie en mai 2013 avec Abou Dhabi. Enfin, le gouvernement algérien a ordonné le verrouillage de son ciel aux avions civils et militaires des Émirats. Seuls les vols commerciaux réguliers bénéficient d’un sursis d’exécution jusqu’à la fin de l’année 2026, terme prévu de leur contrat.

— Caricat-media.org

Publicite
RELATED ARTICLES

Most Popular

Recent Comments

Mentions legales & declaration d'originalite - Caricat-media.org. Contenus originaux, texte uniquement.