En Russie, le retour à l’école le 1er septembre s’accompagne de modifications pédagogiques d’ampleur. Selon le ministère de tutelle, les élèves du collège et du lycée doivent suivre une formation militaire intégrée au cours obligatoire d’instruction civique. Ce volet, dédié aux fondements sécuritaires et de défense de la patrie, constitue désormais la moitié du temps d’enseignement de cette matière. La préparation martiale, autrefois réservée aux élèves plus âgés, s’adresse maintenant aux jeunes à partir de 13 ans.
Les adolescents apprennent à manipuler différentes armes, comme des mitrailleuses, des grenades manuelles, des mines ou d’autres matériels explosifs. Le programme inclut aussi des éléments de médecine de guerre, les gestes de premiers secours, des apprentissages de survie en zone de combat, la discipline de l’armée et l’analyse de la doctrine de sécurité nationale. D’après la même source, les enfants doivent également apprendre la conduite à tenir face à des produits chimiques ou des rayonnements ionisants.
L’enseignant russe exilé Pavel Talankin, coréalisateur d’un film documentaire récompensé par un Oscar sur la propagande militaire en milieu scolaire, désapprouve cette orientation. D’après lui, ce système banalise la mort et laisse croire aux jeunes que l’existence individuelle s’efface derrière la cause du pays. Il explique qu’on incite les adolescents à mourir pour la patrie sans poser de questions.
Cette refonte cherche à soutenir les incorporations de troupes alors que le conflit s’étend dans sa cinquième année. Pour combler le manque de combattants, les autorités russes cherchent environ 400 000 recrues annuellement. Des données occidentales évaluent à 1,5 million le nombre de tués et de blessés au sein des forces russes depuis le début des affrontements en février 2022.
Selon une enquête réalisée par l’organisation Znanie auprès de plus de 2600 directeurs et enseignants, 95 % des établissements scolaires mettent en place des activités liées au conflit en Ukraine. Plus de 80 % invitent des militaires à s’adresser aux classes, y compris en maternelle, tandis que près de 75 % dispensent des leçons spécifiques. Par ailleurs, le jeu d’origine soviétique Zarnitsa a été réintroduit. En 2026, 2,5 millions de jeunes ont rejoint ce programme doté d’un financement fédéral de 20 milliards de roubles. L’enveloppe globale consacrée à l’éducation patriotique s’élève à 70 milliards de roubles cette année, multipliée par 20 par rapport à 2021.
Pendant ce temps, en Ukraine, la rentrée du 1er septembre 2026 s’est déroulée sous les bombes. À Kiev, des enfants et leurs familles ont été contraints de s’abriter dans des sous-sols durant des alertes aériennes. Le président Volodymyr Zelensky a vivement dénoncé ces frappes, affirmant que les Russes poussent les enfants à devenir des participants au conflit. Le chef d’État a aussi déploré la faible réaction des alliés internationaux durant l’été. Dans l’oblast de Kherson, le chef de l’administration militaire locale Oleksandr Prokudin a rapporté la mort de deux personnes causée par des attaques de drones russes ce mardi, dont un homme de 59 ans ciblé dans sa voiture et un employé municipal de 43 ans.
— Caricat-media.org

