La société des journalistes de la station a exprimé son désaccord profond samedi 29 août. Cette instance, qui représente les professionnels, a qualifié de ligne rouge l’intégration d’un responsable de la publication Valeurs actuelles à l’antenne. Dès le 30 août, Charles Sapin, occupant le poste de directeur adjoint de la rédaction de cet hebdomadaire classé très à droite, doit intervenir chaque dimanche dans la matinale.
La direction de la station justifie ce choix par une volonté de respecter le pluralisme à l’approche d’une année présidentielle. Elle a précisé, lors d’un échange avec la SDJ le vendredi précédent, que Charles Sapin exprimerait le souhait de modifier la ligne éditoriale de son média. La SDJ a toutefois balayé cet argument, jugeant très hasardeux de miser sur une telle évolution. Elle souligne que le rôle de la station n’est pas de s’associer à un magazine ayant régulièrement ciblé l’audiovisuel public.
L’instance syndicale rappelle que le média dirigé par Charles Sapin a été condamné par la justice à plusieurs reprises. Elle cite notamment l’épisode de 2021, où le magazine avait représenté l’élue insoumise et afro-descendante Danièle Obono en esclave. Pour la SDJ, le respect du droit et des lois constitue une exigence fondamentale qui ne peut être occultée par une invocation du pluralisme. Cette arrivée a provoqué la colère des syndicats au sein de la station.
Le contexte est marqué par des tensions persistantes concernant les médias publics. L’année précédente, des critiques sur la partialité supposée avaient conduit à l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire. Cette initiative, portée par l’UDR, un parti allié au RN, avait engendré des attaques contre ces institutions. La SDJ estime que donner carte blanche à un organe de presse ayant enfreint la loi est inacceptable. Elle refuse que le symbole de Valeurs actuelles soit banalisé, rappelant les attaques répétées de ce magazine contre le service public audiovisuel durant les dernières années.
— Caricat-media.org

