Une intelligence artificielle au service de l’exploration
La Nasa et IBM ont rendu public un outil d’intelligence artificielle nommé Nasa-IBM Lunar Foundation Model. Ce système est désormais accessible en open source pour favoriser la recherche scientifique. Selon Paolo Fraccaro, Senior Software Developer chez IBM, ce modèle multimodal basé sur un transformateur de vision permet de traiter des observations géospatiales variées. Il croise des données sur la température de surface, la morphologie du terrain et la présence de zones d’ombre permanente. L’objectif est de mieux localiser la glace d’eau, une ressource essentielle pour les futures missions habitées, car elle pourrait être transformée en oxygène ou servir à produire du carburant. Lors des évaluations, cette approche a permis d’améliorer la précision des prédictions. Par ailleurs, cette technologie facilite la détection des cratères, permettant de cartographier les reliefs pour sécuriser les déplacements et les atterrissages.
L’archéologie spatiale et les ressources lunaires
Au-delà de l’eau, certains chercheurs du SETI s’intéressent au régolithe lunaire. Ils préconisent d’y rechercher des particules artificielles, une démarche qualifiée d’archéologie spatiale par Lewis Pinault. Cette exploration vise à identifier d’éventuelles traces de civilisations extraterrestres.
La viabilité d’une colonisation humaine
La question de l’installation humaine durable fait l’objet d’études. Des astrophysiciens de l’université de Durham et de Harvard-Smithsonian ont publié des travaux dans Frontiers in Space Technology évaluant la capacité de la Lune à soutenir une population. En se basant sur une hypothèse optimiste d’un milliard de tonnes d’eau, ils concluent qu’une ville d’un million d’habitants épuiserait cette ressource en 2,4 ans sans recyclage. Même avec un taux de recyclage de 98 %, comparable à celui atteint par la Station spatiale internationale depuis 2023, une telle métropole ne pourrait subsister qu’environ un siècle. Les chercheurs estiment qu’un village d’un millier d’habitants, similaire à une base scientifique en Antarctique, est soutenable. Pour envisager une ville géante, il faudrait des ruptures technologiques majeures, l’importation d’eau depuis des astéroïdes ou la découverte de réserves bien plus vastes que celles identifiées à ce jour.
— Caricat-media.org

