Une adoption technologique étendue
Au cours de l’été 2026, les paysages visuels français ont été marqués par une prolifération d’images produites par intelligence artificielle. Ces visuels, identifiables à des teintes jaunâtres et un aspect lisse, ont investi divers supports : menus de restaurants, signalétique de supermarchés ou annonces pour des festivités locales, telles que des fêtes de village, des brocantes ou des concours de pétanque. Cette tendance, observée tant sur les réseaux sociaux que dans la presse régionale ou nationale, témoigne d’une adoption rapide de ces outils numériques.
Praticité pour les petites structures
Pour de nombreuses petites organisations, l’intelligence artificielle générative constitue une solution pratique. Dans la Manche, une friperie associative a ainsi pu concevoir des affiches colorées plus attractives que ses publications antérieures. En Champagne, le comité des fêtes d’Igny-Comblizy a eu recours à ces outils pour illustrer ses événements estivaux. La secrétaire du comité souligne l’efficacité du procédé, malgré la nécessité de multiples tentatives pour obtenir le résultat souhaité. L’outil permet notamment de préparer rapidement des visuels imprévus ou d’améliorer la qualité d’images reçues pour des concerts.
Des usages variés et des polémiques
Le responsable du comité d’Avenay-Val-d’Or mentionne l’utilisation de ChatGPT pour insuffler une esthétique vintage à ses communications. Cependant, cette technologie peut également servir à des fins problématiques. La mairie d’Agde, dirigée par le Rassemblement national, a dû retirer une affiche générée par IA après la diffusion de propos racistes, déclenchant une vive polémique. À Avignon, lors du festival de théâtre, l’usage massif de ces images pour promouvoir les spectacles a provoqué la réaction de festivaliers, certains inscrivant la mention « Artist ? No AI » sur les affiches.
Critiques et uniformisation
Sur les réseaux sociaux, des voix s’élèvent contre ce phénomène. Des groupes Facebook se sont formés pour pointer du doigt les similarités entre les productions, tandis que des graphistes et illustrateurs déplorent une uniformisation visuelle qui menace leur profession. Des spécialistes notent par ailleurs que ces outils peinent parfois à hiérarchiser les informations essentielles, rendant les affiches surchargées. À terme, cette tendance pourrait entraîner une standardisation des identités visuelles des lieux et des marques, posant un défi pour ceux souhaitant se démarquer.
— Caricat-media.org

