Le groupe Google a initié un programme de financement de 13 milliards d’euros en Finlande. Cette enveloppe, étalée sur deux ans, soutient des infrastructures situées dans le centre et le sud du pays. Les projets visent à renforcer les centres de données ainsi que les réseaux électriques, incluant des barrages et des centrales. Des collaborations ont été établies avec Business Finland et Fingrid pour la sélection des sites. Google a par ailleurs formalisé un contrat de 22 ans avec Fortum concernant la centrale nucléaire de Loviisa, ainsi qu’un accord avec Valorem pour l’énergie d’un parc éolien.
Ruth Porat, directrice financière de Google, qualifie cette initiative de plus important investissement ponctuel de la firme en Europe. Antti Järvinen, représentant du groupe, souligne la portée industrielle de cette décision. Le Premier ministre Petteri Orpo a défendu le projet en mettant en avant les perspectives d’emploi. Google anticipe la création de 37 000 postes induits, dont 16 000 dans la construction et 7 000 emplois de support. Ces projets suscitent néanmoins des critiques locales sur l’épuisement des ressources et l’impact climatique. En France, la commune de Blyes, située à 40 km de Lyon, connaît des débats similaires sur un projet de data center, entre inquiétudes environnementales et objectifs de souveraineté numérique.
Parallèlement, Amazon et Qualcomm ont officialisé un partenariat multi-générationnel pour concevoir des puces d’intelligence artificielle destinées aux centres de données AWS. Qualcomm apporte son expertise en calcul économe en énergie, tandis qu’Amazon Web Services fournit son infrastructure cloud. Ces composants seront dédiés aux charges de travail d’inférence, une étape permettant à l’intelligence artificielle de répondre en temps réel. Prasad Kalyanaraman, vice-président d’AWS, a souligné la logique de cette coopération.
L’accord inclut le développement de solutions de connectivité par fibre optique, visant des débits de 1,6 térabit par seconde. Ces liaisons reposent sur des technologies SerDes et des DSP optiques développées par Qualcomm. L’objectif est de réduire la latence entre les milliers de puces équipant les centres de données. Si les investissements se concentrent souvent sur des campus de plusieurs dizaines ou centaines de mégawatts, le marseillais Phocea DC privilégie une trajectoire distincte en misant sur des infrastructures edge de quelques mégawatts, implantées en ville pour se rapprocher des utilisateurs.
La question de l’emploi dans ce secteur fait l’objet d’analyses. Une étude EY pour France Data Center a recensé 48 374 emplois en France en 2024. Le cabinet Trendeo a comparé l’intensité capitalistique des emplois créés, établissant un ratio de 40 millions d’euros par emploi pour la filière des centres de données, un chiffre supérieur à ceux observés dans l’énergie ou la recherche et développement.
— Caricat-media.org

