Une coulée destructrice d’eau, de roches et de débris s’est produite le mercredi 26 août le long du secteur frontalier séparant le Népal et la région chinoise du Tibet. Les bilans officiels font état d’au moins 392 morts et de plus de 1 400 personnes portées disparues. Parmi les individus manquant à l’appel figurent plusieurs centaines de touristes étrangers, dont quatre citoyens français et trente ressortissants canadiens, d’après les déclarations de la ministre des Affaires étrangères. Dans le seul district népalais de Rasuwa, au moins 157 décès ont été répertoriés lors de cette montée rapide des eaux.
Les dégâts s’étendent sur plus de 100 km dans le nord du territoire népalais. L’avalanche de matériaux a dévasté des villages entiers, des routes, des ponts et des installations hydroélectriques. D’après l’Institut géologique américain (USGS), l’événement s’explique par la rupture d’une masse glaciaire ayant généré une importante déferlante. De son côté, le glaciologue Adrien Gilbert indique qu’un glissement de terrain a emporté un glacier lors du drame. Des observations spatiales rendues publiques le jeudi 27 août ont localisé le départ de cette catastrophe au niveau de la structure du Langtang Lirung.
Des témoignages poignants et des opérations de secours ardues
Le déroulement des événements a pu être retracé grâce à plusieurs vidéos et récits. Une vacancière chinoise, nommée Mme Fang, a évité le pire au niveau du poste-frontière de Gyirong. Son réveil manqué l’a retardée, l’amenant à quitter son hébergement après 10 heures. Aux alentours de 10 heures 30, alors que son véhicule s’approchait de la frontière, des poteaux électriques et des arbres sont tombés sous la violence de l’eau. Son chauffeur a immédiatement effectué une marche arrière sur une distance de trois kilomètres pour fuir la coulée. La structure douanière a été intégralement balayée par le torrent, avant qu’un épais brouillard ne masque toute visibilité.
Les équipes de sauvetage poursuivent leurs recherches dans un environnement très complexe, où l’accumulation de retenues d’eau crée un risque important de ruptures ultérieures. Thierry Velu, qui préside le Groupe de secours catastrophe français, explique que la détection de survivants demeure extrêmement difficile et que les chances d’en retrouver s’avèrent grandement réduites. Des proches de victimes expriment leur angoisse et leur sidération face à la soudaineté des inondations. Enfin, des voix soulignent le manque d’anticipation des autorités, le pays figurant pourtant parmi les territoires les plus exposés aux catastrophes naturelles.
— Caricat-media.org

