Avec l’examen des motions de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, il est probable que le sujet soit remis à plus tard. C’est en tout cas toujours à l’agenda des députés ce mardi 27 janvier : l’examen d’une proposition de loi sur l’affaire des enfants dits de la Creuse. Une histoire sombre et encore peu connue en France. Elle concerne l’exil forcé de milliers d’enfants réunionnais vers la métropole pour repeupler certains départements comme la Creuse. De 1962 à 1984, on estime que plus de 2 000 enfants ont été envoyés à plus de 10 000 km de leur île. Aujourd’hui, ces ex-mineurs déracinés ont plus de 50 ans et luttent depuis de longues années pour obtenir une reconnaissance et des réparations de l’État par rapport au préjudice qu’ils ont subi. Rencontre avec l’un d’entre eux.
« Cette photo d’identité est la seule photo que je possède de mon enfance. C’est le moment où on m’a mise dans l’avion et qu’il a fallu que j’apprenne à me battre, à vivre. Et je lui parle. Je ne suis pas cinglée. « Tu sais ma petite, on va réussir. La vie va être plus douce. » Là, j’avais dix ans. »
Les yeux de Marie-Josée Virapin brillent et s’illuminent. C’est comme si sa vie s’était arrêtée à ses dix ans.
« On nous a mis dans l’avion. Un aller sans retour. Et je n’ai aucun souvenir de ce voyage. Une amnésie complète, sauf au moment où il fallait prendre l’escalier mécanique. On avait nos petites chaussures serrées, on n’était pas du tout habitués, donc on avait une peur terrible. On pleurait, on criait comme elle. »
À lire aussiLes enfants de la Creuse
« Moi, j’ai vécu avec ce mensonge »
Comme elle, ce sont des milliers d’enfants qui seront déplacés pour repeupler les zones rurales. Certains sont orphelins, d’autres non, mais ils sont emmenés parfois avec l’accord des familles, des parents souvent démunis et qui imaginent un avenir meilleur pour leurs enfants. La réalité fut tout autre.
« La directrice m’a dit : « Tu es orpheline de père et de mère. Tu n’as ni frère ni sœur ». Moi, j’ai vécu avec ce mensonge car c’en était un. J’arrive à consulter mon dossier et c’est là que j’ai vu que j’avais une famille. J’avais une maman. Et de suite, j’ai commencé à l’âge de 28 ans à effectuer mes recherches. J’ai retrouvé ma mère. C’est très difficile de retrouver sa famille, de créer des liens quand il n’y en a plus eu depuis très longtemps. »
À lire aussiLes enfants volés de la Réunion
« J’ai beaucoup de colère contre l’État »
À 67 ans, Marie-Josée Virapin se considère comme une survivante.
« J’ai beaucoup de colère contre l’État parce qu’il a fait une faute et qu’il doit la reconnaître et la réparer. Parce que nous, nos vies ont été brisées. »
La députée de la Réunion, Karine Lebon, porte un texte à l’Assemblée qui vise à réparer financièrement et moralement les préjudices subis par les enfants réunionnais dits de la Creuse. « Moi, ce que je dis tout le temps aux victimes, ce n’est pas possible de chiffrer une existence qui, finalement, est partie en miettes à cause d’une politique extrêmement néfaste de l’État. En revanche, on peut se dire que maintenant que l’État a reconnu sa responsabilité, maintenant qu’on octroie une réparation financière, on peut se dire que maintenant on va de l’avant. C’est ce que demandent les victimes. Mais elles ont conscience que ce qui a été fait ne peut pas être défait, malheureusement. »
Si l’Assemblée nationale adopte le texte, il sera ensuite examiné par le Sénat.
À lire aussiDéplacés de force en métropole, les «Enfants de la Creuse» vont être auditionnés
L’histoire des « enfants de la Creuse » est un chapitre sombre et méconnu de l’histoire de France. Entre 1962 et 1984, plus de 2 000 enfants réunionnais ont été déplacés de force vers la métropole pour repeupler certaines régions rurales, comme la Creuse. Aujourd’hui, ces anciens mineurs, maintenant âgés de plus de 50 ans, luttent pour obtenir une reconnaissance et des réparations de l’État pour les préjudices qu’ils ont subis.
Marie-Josée Virapin, l’une des « enfants de la Creuse », a partagé son histoire poignante. À l’âge de 10 ans, elle a été envoyée en métropole avec une photo d’identité qui est la seule preuve de son enfance. Elle a vécu avec le mensonge que ses parents étaient morts, alors qu’elle avait une mère en vie. Il lui a fallu 28 ans pour découvrir la vérité et retrouver sa famille.
Les « enfants de la Creuse » ont été déplacés pour des raisons économiques et démographiques. L’État français voulait repeupler les zones rurales et a considéré les enfants réunionnais comme une solution pour résoudre ce problème. Cependant, la réalité fut tout autre. Les enfants ont été envoyés dans des conditions difficiles, sans soutien ni accompagnement, et ont été confrontés à la séparation de leur famille et de leur culture.
Aujourd’hui, les « enfants de la Creuse » réclament reconnaissance et réparations pour les préjudices qu’ils ont subis. La députée de la Réunion, Karine Lebon, a déposé une proposition de loi à l’Assemblée nationale pour réparer financièrement et moralement les préjudices subis par les enfants réunionnais. Le texte vise à octroyer une réparation financière et à reconnaître la responsabilité de l’État dans cette affaire.
Les « enfants de la Creuse » estiment que leur vie a été brisée par les actions de l’État et qu’ils ont droit à une reconnaissance et à des réparations. Marie-Josée Virapin, considérée comme une survivante, a déclaré : « J’ai beaucoup de colère contre l’État parce qu’il a fait une faute et qu’il doit la reconnaître et la réparer. »
La proposition de loi sera examinée par l’Assemblée nationale et, si elle est adoptée, elle sera ensuite examinée par le Sénat. Les « enfants de la Creuse » espèrent que cette loi leur permettra d’obtenir enfin la reconnaissance et les réparations qu’ils réclament depuis des années.
L’histoire des « enfants de la Creuse » est un exemple de la façon dont les politiques gouvernementales peuvent avoir des conséquences devastatrices pour les individus et les communautés. Il est important que l’État français reconnaisse ses erreurs et prenne des mesures pour réparer les préjudices subis par les « enfants de la Creuse » et d’autres groupes qui ont été affectés par des politiques similaires.
En conclusion, l’histoire des « enfants de la Creuse » est un chapitre sombre de l’histoire de France qui nécessite une reconnaissance et des réparations. Les « enfants de la Creuse » ont le droit de demander justice et de réclamer une reconnaissance pour les préjudices qu’ils ont subis. Il est important que l’État français prenne des mesures pour réparer les préjudices subis par les « enfants de la Creuse » et pour prévenir que de telles erreurs ne se reproduisent à l’avenir.
