À quelques jours de la signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur validé vendredi 9 janvier par la majorité des 27, les agriculteurs français, qui se considèrent comme les grands perdants de l’accord, sont en colère. Si le texte prévoit un plafond d’exportation de viande fixé à 99 000 tonnes maximum – soit l’équivalent de 1,6% seulement de la production européenne -, la mesure ne rassure guère la filière.
« En France, on est norme plus norme plus norme, ce qui complique la productivité… Donc oui, forcément, on a peur des autres pays qui n’ont pas du tout les mêmes restrictions que les nôtres et qui utilisent même des hormones de croissance », explique Olivier Grente, éleveur installé depuis une quinzaine d’années à la ferme des Limousines, sur la commune de Vicq, dans le département des Yvelines, en région parisienne.
Avec la signature annoncée du traité de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur, les éleveurs bovins français redoutent de voir déferler sur les étals européens de la viande bon marché en provenance du Brésil ou d’Argentine. La Commission européenne a beau tenter de les rassurer en expliquant avoir renforcé les « mesures de sauvegarde » – un frein d’urgence aux importations sud-américaines activable en cas de variation trop rapide des prix ou des volumes de certains produits sensibles -, ces derniers continuent de dénoncer la mise en place d’une concurrence déloyale pour un secteur déjà très fragile.
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« On ne peut pas lutter »
À la ferme des Limousines, l’alimentation des bêtes est par exemple raisonnée. « On nourrit les bêtes avec un mélange qu’on fait nous-mêmes : de l’ensilage d’herbe récoltée sur la ferme, de l’ensilage de maïs, et un peu de tourteau qui provient de la région. On s’impose vraiment de rester local et sans OGM », explique Aurélia Cottereaux, qui a rejoint l’exploitation il y a huit ans.
« Pour une vache allaitante et son veau, on compte 12m2 par animal. On est audité chaque année au titre de la charte des bonnes pratiques d’élevage », complète de son côté Olivier Grente qui craint de ne pas pouvoir jouer dans la même cour que les pays d’Amérique du Sud grands producteurs de viande. « Ils ont, eux, des parcs extérieurs de 10 000 bêtes dans lesquels les vaches sont dans la boue, ce dont personne n’a rien à faire. Face à cela, on ne peut pas lutter : nous, nous avons des exploitations à taille humaine », poursuit celui-ci.
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Peur des cours de la viande
Pour accroître le chiffre d’affaires de son exploitation, Olivier Grente a ouvert une boucherie et une boutique dans laquelle il fait de la vente directe. « On fait la découpe nous-mêmes et la vente se fait principalement en colis », illustre de son côté Aurélia Cottereaux. « L’objectif, c’est de gagner notre vie, parce que pendant 15 ans, les cours de la viande ont été très bas. L’ouverture d’une boucherie s’est avérée vraiment nécessaire lors de notre installation. Et depuis un an, nous arrivons enfin à vendre à des prix qui couvrent nos coûts de production », confie Olivier Grente. « Dans l’accord avec le Mercosur, ce qui nous fait peur, c’est l’importation de viande pas chère, car les gens risquent de se détourner de la viande française. C’est de voir les prix dégringoler parce qu’en face, la viande qui est produite ne l’est pas du tout avec les mêmes critères », conclut celui-ci.
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Le traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur a été validé par la majorité des 27 États membres de l’UE le 9 janvier. Cependant, les agriculteurs français, en particulier les éleveurs bovins, sont inquiets et considèrent que cet accord les pénalisera. Le traité prévoit un plafond d’exportation de viande de 99 000 tonnes maximum, mais les agriculteurs français estiment que cela ne suffit pas à protéger leur secteur.
Selon Olivier Grente, éleveur installé à la ferme des Limousines, en région parisienne, les agriculteurs français sont déjà soumis à de nombreuses restrictions et normes qui compliquent leur productivité. Il craint que les pays du Mercosur, tels que le Brésil et l’Argentine, ne soient pas soumis aux mêmes règles et utilisent des hormones de croissance pour produire de la viande à bas coût. Cette concurrence déloyale pourrait déstabiliser le marché européen et faire dégringoler les prix de la viande française.
Les éleveurs bovins français soulignent également que leur production est déjà très fragile et qu’ils ont du mal à faire face à la concurrence. La Commission européenne a mis en place des mesures de sauvegarde pour protéger les producteurs européens, mais les agriculteurs français estiment que cela ne suffit pas.
À la ferme des Limousines, les éleveurs se sont organisés pour essayer de maintenir leur activité. Ils ont créé une boucherie et une boutique pour vendre directement leur production. Cela leur permet de gagner leur vie et de couvrir leurs coûts de production. Cependant, ils craignent que l’importation de viande bon marché en provenance du Mercosur ne fasse dégringoler les prix et ne les oblige à fermer leur exploitation.
Les agriculteurs français estiment que l’accord UE-Mercosur est une menace pour leur secteur et pour l’agriculture française en général. Ils réclament des mesures pour protéger leur production et leur marché. Le président français, Emmanuel Macron, a déjà annoncé que la France votera contre l’accord UE-Mercosur.
En résumé, les agriculteurs français sont inquiets pour leur avenir en raison de la signature du traité de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur. Ils estiment que cet accord les pénalisera et qu’il faudrait prendre des mesures pour protéger leur secteur. La situation est tendue et les agriculteurs français attendent des réponses de la part des autorités pour sauvegarder leur activité.
Il est important de noter que les règles d’importation de la viande en Europe sont strictes et que les produits importés doivent répondre à certaines normes de qualité et de sécurité. Cependant, les agriculteurs français craignent que les pays du Mercosur ne respectent pas ces normes et qu’ils utilisent des pratiques de production qui ne sont pas autorisées en Europe.
La situation est également complexe car les pays du Mercosur sont des producteurs importants de viande et que l’UE est un marché important pour leurs exportations. L’accord UE-Mercosur vise à réduire les barrières commerciales et à augmenter les échanges entre les deux régions. Cependant, les agriculteurs français estiment que cet accord les pénalisera et qu’il faudrait trouver des solutions pour protéger leur secteur.
Enfin, il est important de noter que l’accord UE-Mercosur est un accord commercial qui vise à promouvoir les échanges entre les deux régions. Cependant, les agriculteurs français estiment que cet accord ne prend pas en compte les spécificités de leur secteur et qu’il faudrait trouver des solutions pour protéger leur production et leur marché. La situation est tendue et les agriculteurs français attendent des réponses de la part des autorités pour sauvegarder leur activité.
