Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains pour l’élection présidentielle, a publiquement interrogé la pertinence d’une interdiction de La France insoumise. Selon le responsable politique, cette formation agirait de manière séditieuse en cherchant à orchestrer une insurrection à travers les blocages d’établissements scolaires observés ces derniers jours. Lors d’une intervention médiatique, le candidat LR a qualifié le parti de Jean-Luc Mélenchon de structure fascinée par la violence. Il a affirmé que les événements actuels devant les lycées constituent une répétition générale de ce qui pourrait advenir en 2027. Bien qu’il reconnaisse la complexité juridique d’une telle mesure, Bruno Retailleau a précisé que, s’il occupait toujours les fonctions de ministre de l’Intérieur, il demanderait à ses services d’analyser cette option.
Cette sortie intervient dans un contexte de tensions accrues. Le ministre de l’Éducation nationale a communiqué un bilan faisant état de 119 élèves et personnels blessés depuis le début des blocus. Par ailleurs, les autorités ont rapporté que 83 policiers et gendarmes ont été blessés, tandis que 625 personnes ont été interpellées lors de la seule journée de mercredi. L’Inspection générale de la police nationale a été saisie de trois enquêtes relatives à des blessures subies par des lycéens.
Au cœur des critiques figure également le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a saisi la justice à l’encontre de cet élu. Le préfet reproche à l’élu d’avoir présenté la violence comme une réponse potentiellement légitime aux actions des forces de l’ordre, des propos tenus devant le lycée Paul-Éluard. Si l’édile a nuancé ses dires en ajoutant qu’il est préférable d’éviter la violence, ses déclarations ont alimenté les accusations gouvernementales d’instrumentalisation politique.
De son côté, Jean-Luc Mélenchon a rejeté ces attaques, qualifiant la proposition de Bruno Retailleau d’absurde et de mise en scène. Le leader des Insoumis a ironisé sur l’idée que son mouvement puisse diriger un mouvement de masse par télépathie, assurant qu’aucun appel officiel n’a été lancé par son organisation pour bloquer les lycées. Le débat se cristallise désormais sur la responsabilité des acteurs politiques dans l’encadrement ou la conflictualisation des mobilisations sociales à l’approche de l’échéance présidentielle.
— Caricat-media.org

