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Le nouveau marché de la déportation des migrants vers le continent africain

Depuis 2025, une dynamique nouvelle s’installe concernant la gestion des flux migratoires. Washington a mis en place l’Office of Remigration, une structure composée de 15 fonctionnaires dont la mission consiste à démarcher des pays africains. Au total, 49 pays ont été sollicités pour accueillir des personnes déportées en échange de compensations financières ou d’avantages liés aux visas. À ce jour, neuf pays ont formalisé des accords : l’Eswatini, le Rwanda, le Ghana, le Soudan du Sud, l’Ouganda, le Cameroun, la Guinée équatoriale et la RDC, ce dernier ayant rejoint le dispositif en avril 2026.

Les transactions financières varient selon les États. Pour le royaume d’Eswatini, un montant de 5,1 millions de dollars a été évoqué pour un premier groupe de cinq personnes. La Guinée équatoriale a perçu plus de 7,5 millions de dollars pour un groupe de personnes, hébergées au sein de l’Hôtel Bamy, décrit comme une structure carcérale. Le Rwanda a également conclu un accord pour 250 personnes, avec un montant estimé à 7,5 millions de dollars par le Sénat américain. Le Cameroun a signé un protocole global de 400 millions incluant des volets sanitaires.

Ces arrangements s’inscrivent dans une tendance plus large incluant des nations européennes. En juin, une règle a été votée permettant d’expulser des demandeurs d’asile vers des pays sans lien préalable. Plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Grèce et les Pays-Bas, ont entamé des négociations à Kigali pour établir un centre de retour.

L’absence de validation parlementaire constitue un point de friction majeur. Aux États-Unis, le département d’État utilise des protocoles sécuritaires non contraignants pour éviter de notifier le Congrès. En Afrique, les décisions sont majoritairement prises par décret ou communiqué officiel. Cette pratique suscite des résistances, notamment en Eswatini où des avocats ont contesté la décision du roi Mswati III. En RDC, la société civile dénonce l’opacité de ces engagements, soulignant la situation précaire du pays qui compte déjà 6 millions de déplacés internes. Les conditions de vie des personnes transférées sont également dénoncées. Des observateurs pointent le risque de bastonnade et de ré-expulsion vers les pays d’origine, un processus qualifié de refoulement indirect en cascade.

— Caricat-media.org

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