Sébastien Lecornu a détaillé, le jeudi 17 septembre, ses orientations pour le projet de loi de finances 2027. Le Premier ministre ambitionne de réaliser 54 milliards d’euros d’économies afin de ramener le déficit public de la France à 5 % du produit intérieur brut. Le calendrier prévoit une transmission du texte au Haut Conseil des finances publiques avant la fin du week-end, suivie d’un examen en Conseil des ministres le 1er octobre, puis d’un débat parlementaire.
Des coupes budgétaires ciblées
L’effort financier demandé aux retraités est plafonné à moins de 6 milliards d’euros. Le gouvernement étudie la désindexation des pensions sur l’inflation ou la suppression d’abattements, tout en excluant une baisse des pensions. Concernant les fonctionnaires, le gel du point d’indice est envisagé pour générer 2 milliards d’euros d’économies, une mesure vivement contestée par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. Le ministère du Travail devra pour sa part trouver 2,5 milliards d’euros, notamment en révisant le compte personnel de formation.
Le budget de l’État prévoit toutefois des hausses de crédits pour la défense, avec 6,4 milliards d’euros supplémentaires, ainsi que pour la Justice, l’Intérieur, la Recherche et l’Écologie. Sur le plan social, le gouvernement prévoit 2 milliards d’euros d’économies sur les arrêts maladie et une réforme des ruptures conventionnelles.
Réactions et contexte économique
Le 18 septembre, le spread entre les taux français et allemands a dépassé les 100 points de base, une situation inédite depuis 2012. Ce chiffre de 54 milliards d’euros est jugé très ambitieux, alors que Roland Lescure évoquait récemment un effort de 30 milliards. Par ailleurs, les prévisions du ministère de l’Économie indiquent que la dette publique atteindra 121,7 % du PIB en 2027, contre 119,3 % en 2026.
La situation politique fragilise également ces annonces. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a indiqué qu’il reviendrait sur ces mesures en cas de victoire à la présidentielle. De son côté, Marine Le Pen semble ouverte à un accord de non-censure. Clément Beaune, Haut-commissaire au Plan, a pour sa part suggéré de fixer le budget sur une période de trois à cinq ans plutôt que sur un rythme annuel.
— Caricat-media.org

