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À Marseille, Orange déménage un site en raison du narcotrafic – Reportage France

En France, l’insécurité qui touche certains quartiers conduit de grandes entreprises à reconsidérer leur implantation locale ; c’est le cas d’Orange, à Marseille. Située dans le quartier de Saint-Mauront, dans le centre de Marseille, l’entreprise a fermé en décembre suite à des rixes à la sortie du métro puis a de nouveau fermé temporairement en janvier après des impacts de balles retrouvés sur la façade du bâtiment.

De notre correspondante à Marseille,

À la sortie du métro National s’érige un complexe de grands bâtiments sécurisés par des grilles et des agents de sécurité, il s’agit de l’unique site de l’entreprise Orange à Marseille. Il abrite près de 1 200 salariés. Depuis décembre, ces derniers vivent une situation exceptionnelle : à la suite de bagarres à la sortie du métro, le site a été temporairement fermé pendant deux semaines, puis, lorsqu’il rouvre en janvier, les employés découvrent avec surprise quatre impacts de balles de kalachnikov sur la façade. 

« C’est extrêmement impressionnant ! Quand on voit ça, on se dit : heureusement que le collègue n’était pas à son bureau et qu’à ce moment-là, il n’a pas eu besoin d’aller chercher une photocopie, témoigne Nadège Poët, représentante du syndicat CFE-CGC. Je pense que c’est plus pour nous effrayer, pour nous demander d’arrêter de porter l’alerte et pour nous faire partir. »

Une dégradation des relations avec le quartier

L’entreprise est à la recherche d’un nouveau site pour délocaliser une partie des salariés. Mais une chose est sûre, Orange ne quittera pas Saint-Mauront, il s’agit d’un site trop stratégique pour la compagnie de télécoms. 

Orange est implanté depuis 1974 dans ce quartier populaire de Marseille où plus de la moitié des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. « Avant, on jouait avec les équipes du quartier, on avait une équipe d’Orange qui jouait et les directeurs offraient au club de Saint-Mauront des maillots, des ballons, des sacs de sport. Il y avait quelque chose qui était fait socialement avec le quartier, se rappelle Olivier Neri, représentant CGT. On était implantés dans beaucoup d’associations de quartier, ça faisait du bien-être et c’était le vivre-ensemble. »

Une situation qui a changé, déplore-t-il : « On sent que depuis une dizaine d’années, Orange a complètement arrêté et je pense qu’on est en train de le payer maintenant. »

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« Presque une fois par semaine, il y a un décès »

Dans ce quartier où les garages côtoient les alimentations générales, les règlements de compte liés au narcotrafic sont fréquents. « C’est un quartier très pauvre parce que la majorité des gens ne travaillent pas. Presque une fois par semaine, il y a un décès, déplore cette commerçante qui n’a pas souhaité donner son nom. Ce sont surtout les règlements de compte, les jeunes et tout… »

Pour elle, la situation se dégrade dans toute la ville. « Maintenant, c’est presque dans tous les quartiers de Marseille. C’est de pire en pire, ajoute-t-elle. Là, maintenant, ils brûlent et mettent dans les coffres, ils tuent comme ça. On a trop peur pour nos enfants. »

La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a annoncé plus de rondes et de patrouilles policières aux abords du site. 

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