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Ségolène Royal: «Il faut que les hommes arrêtent de parler de natalité» – L’Atelier politique

Invitée de L’Atelier Politique, l’ancienne ministre et candidate à la présidentielle de 2007 revient sur le sexisme qu’elle a subi, dénonce le « virilisme toxique » en politique et plaide pour une « mère de la nation ». Ségolène Royal répond aux questions de Frédéric Rivière.

La violence sexiste de 2007 : « Ces mots ne seraient plus possibles aujourd’hui »

Ségolène Royal n’a rien perdu de sa verve. Ancienne ministre à quatre reprises, ancienne présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes, elle revient dans les pages de son dernier ouvrage intitulé « Mais qui va garder les enfants » sur une campagne présidentielle de 2007 marquée par une violence inouïe. Un témoignage aussi personnel que politique. Les citations qu’elle rapporte donnent le vertige. « Elle ne tiendra pas. Elle a des enfants, elle n’a pas le cuir assez épais », « une boiteuse, une bécassine », « on va la faire rentrer à la maison s’occuper de ses gosses ». Autant de propos tenus par des caciques du Parti socialiste lors de sa candidature à l’élection présidentielle de 2007.

« La violence, elle était dans mon camp », reconnaît-elle, avant de nuancer : « Mais il y avait aussi d’extraordinaires soutiens. Jacques Delors, Robert Badinter, Jean-Pierre Chevènement, Jean-Louis Bianco. Des hommes qui étaient finalement au-dessus du lot. »

Leur en veut-elle encore ? « Non, mais je veux que ça se sache », répond-elle sans détour. « Parce que je crois que ces mots-là ne seraient plus possibles aujourd’hui. Mais beaucoup le pensent encore. C’est ma conviction profonde. »

« Le temps est venu d’une mère de la nation »

Pour Ségolène Royal, cette violence révèle un problème structurel. « Il y a quand même très peu de femmes aux responsabilités et très peu d’équipes mixtes, même à l’échelle mondiale », déplore-t-elle. Elle développe dans son livre un chapitre entier sur le « virilisme toxique », qu’elle distingue soigneusement de la virilité.

« Je suis convaincue que si les pouvoirs étaient mixtes, s’il y avait un équilibre homme-femme comme la mixité et la biodiversité de la nature humaine, je pense qu’il y aurait beaucoup moins de conflits », affirme-t-elle.

Et d’aller plus loin : « Le temps est peut-être venu d’une mère de la nation. » Une formule qui en 2007 aurait suscité le ricanement, reconnaît-elle. « Tout le monde aurait ricané. Oui, la mère fouettarde. D’ailleurs, c’était dans les insultes. » Aujourd’hui, « personne n’ose ricaner quand je dis ça ».

« Le virilisme toxique conduit aux guerres »

Pour Ségolène Royal, le virilisme toxique est « une virilité adolescente jamais dépassée, caractérisée par une incapacité à gérer ses émotions, à accepter la frustration ». Et elle établit un lien direct avec la politique internationale.

« Plus les hommes politiques sont impopulaires, plus ils nous parlent de guerre », analyse-t-elle. « Dans un groupe d’hommes, celui qui va dire « mais non, faut peut-être négocier », les autres vont dire « mais non, il faut leur taper sur la figure ». L’immaturité va l’emporter sur la maturité. »

Elle se défend néanmoins de vouloir « déconstruire » la masculinité à la manière de Sandrine Rousseau. « Pas du tout. Il y a une virilité positive, au contraire, on en a besoin. L’émancipation des femmes ne peut se faire qu’en accord avec la virilité positive. »

Les figures masculines qu’elle cite en exemple ? Mandela, Kennedy. « Les hommes de paix ne sont pas dans le virilisme toxique », résume-t-elle.

L’effondrement démographique et le tabou de la stérilité masculine

Ségolène Royal consacre une large part de son ouvrage à la question de la natalité. Pour la première fois depuis l’après-guerre, la France compte davantage de décès que de naissances. Un basculement démographique qu’elle juge « grave » et face auquel elle déplore l’absence de « réaction nationale pour essayer de comprendre et surtout pour essayer de le redresser ».

Parmi les causes, elle évoque un sujet dont « peu de monde parle » : la stérilité masculine. « Personne n’en parle parce que c’est tabou », souligne-t-elle. Elle pointe également la mortalité périnatale en hausse, le délabrement des services publics, la crise du logement.

Et surtout, elle s’en prend violemment à l’expression « réarmement démographique » employée par Emmanuel Macron. « Quelle violence dans cette expression ! Quelle brutalité dans ces mots forgés pour les batailles et les canons, pas pour les berceaux », écrit-elle. « Une femme se dit : mais attends, je ne veux pas mettre au monde un enfant pour faire un soldat. Enfin, c’est aberrant. »

Sa conclusion est sans appel : « Il faut que les hommes arrêtent de parler de natalité. » Pourquoi ? « Parce que de toute façon, la décision de la mise au monde, ce sont les femmes qui la prennent. Donc les hommes, ils n’ont pas besoin de pérorer là-dessus. »

Une jeunesse anxieuse face à une « triple dette »

L’ancienne ministre s’attarde sur la notion de « dette générationnelle ». « Les jeunes doivent être soutenus et encouragés pour trouver la force et l’envie d’inventer leur avenir face à la facture climatique, le déficit budgétaire, la désindustrialisation », écrit-elle.

Cette dette est triple selon elle : financière, écologique et morale. « La dette morale, c’est aussi une dette démocratique », précise-t-elle. « Des jeunes qui sentent qu’ils ne sont absolument pas associés aux décisions qui les concernent. »

Elle cite la répression du mouvement des « gilets jaunes », la gestion du Covid, l’isolement imposé aux jeunes. « Les médecins psychiatres sont débordés par les demandes et n’arrivent pas à répondre à la demande de soin des adolescents et des jeunes adultes. Et ça, c’est une dette morale très grave. »

Le constat est alarmant : un enfant sur dix est victime d’abus sexuels, une petite fille sur cinq. Les chiffres de suicides et d’automutilation chez les 10-14 ans explosent, particulièrement chez les filles. « C’est effrayant ce qu’on propose aux jeunes », résume-t-elle.

Le combat contre les abus sexuels sur mineurs

Ségolène Royal revient longuement sur son action lorsqu’elle était ministre de l’Enseignement scolaire. Elle avait fait diffuser dans les écoles un petit manuel intitulé « Mon corps, c’est mon corps. J’ai le droit de dire non ». Une initiative supprimée par son successeur Jack Lang.

« J’avais été très critiquée quand j’ai fait mes premières circulaires contre la pédophilie à l’école, contre les abus sexuels à l’école. C’était très difficile », se souvient-elle. Elle évoque un système qui « se protège », une « impunité effarante ».

Le droit à la beauté, conclusion inattendue

Ségolène Royal conclut son livre sur une note surprenante : le droit à la beauté. Elle cite Victor Hugo : « La beauté est aussi utile que l’utilité. »

« Comment se fait-il que la période du Covid n’ait pas été saisie pour justement tirer les gens vers le haut ? », s’interroge-t-elle. « Pourquoi on n’a pas mis les plus belles formes musicales à résonner dans les rues qui étaient vides ? »

Pour elle, le contact avec la création artistique est « crucial », notamment pour les enfants en situation d’échec scolaire. « Ils reprennent confiance en eux. »

Un retour en politique ?

À la question de savoir si elle aura de nouveau rendez-vous avec la France, Ségolène Royal répond avec prudence : « Peut-être. » Puis, plus franchement : « Personne n’attend. » Mais rien n’est exclu : « Le moment venu, oui, pourquoi pas. Rien n’est exclu. »

En attendant, elle se consacre à son nouveau rôle de présidente de l’association France-Algérie. Pourra-t-elle favoriser le réchauffement des relations entre Paris et Alger ? « Je vais essayer », promet-elle simplement.

Ségolène Royal, l’ancienne ministre et candidate à la présidentielle de 2007, a récemment publié un livre intitulé « Mais qui va garder les enfants » dans lequel elle revient sur sa carrière politique et les défis qu’elle a rencontrés en tant que femme en politique. Dans une interview avec Frédéric Rivière, elle a partagé ses expériences et ses réflexions sur le sexisme, la politique et la société.

Royal a décrit la violence sexiste qu’elle a subie pendant sa campagne présidentielle de 2007, notamment des propos misogynes et dénigrants tenus par des membres de son propre parti. Elle a affirmé que ces propos ne seraient plus possibles aujourd’hui, mais que beaucoup de personnes partagent encore ces opinions. Elle a également souligné l’importance de la mixité et de la biodiversité dans les équipes politiques et a plaidé pour une « mère de la nation » qui pourrait apporter une perspective plus féminine et plus pacifique à la politique.

Royal a également critiqué le « virilisme toxique » qui, selon elle, caractérise la politique internationale. Elle a affirmé que les hommes politiques qui sont impopulaires ont tendance à parler de guerre et de conflit pour se faire valoir, plutôt que de chercher des solutions pacifiques. Elle a également souligné l’importance de la virilité positive, qui est caractérisée par la capacité à gérer ses émotions et à accepter la frustration.

La question de la natalité est également abordée dans le livre de Royal. Elle a souligné que la France compte désormais plus de décès que de naissances et que cela constitue un problème démographique grave. Elle a critiqué l’expression « réarmement démographique » utilisée par Emmanuel Macron, qui, selon elle, est une expression violente et brutale. Elle a également souligné l’importance de la stérilité masculine, qui est un sujet tabou, et a affirmé que les hommes devraient arrêter de parler de natalité, car ce sont les femmes qui prennent la décision de mettre au monde un enfant.

Royal a également abordé la question de la dette générationnelle, qui est triple selon elle : financière, écologique et morale. Elle a souligné que les jeunes doivent être soutenus et encouragés pour inventer leur avenir face à la facture climatique, au déficit budgétaire et à la désindustrialisation. Elle a également critiqué la répression du mouvement des « gilets jaunes » et la gestion du Covid, qui ont eu un impact négatif sur les jeunes.

Enfin, Royal a conclu son livre sur une note surprenante en évoquant le droit à la beauté. Elle a cité Victor Hugo et a souligné l’importance de la création artistique pour les enfants en situation d’échec scolaire. Elle a également affirmé que le contact avec la création artistique est crucial pour les enfants et que cela peut les aider à reprendre confiance en eux.

Royal a également évoqué son avenir politique, affirmant qu’elle pourrait avoir de nouveau rendez-vous avec la France, mais qu’elle ne sait pas encore si elle sera candidate à une élection future. Elle a également affirmé qu’elle se consacre à son nouveau rôle de présidente de l’association France-Algérie et qu’elle essaiera de favoriser le réchauffement des relations entre Paris et Alger.

En résumé, Ségolène Royal a partagé ses expériences et ses réflexions sur le sexisme, la politique et la société dans son livre « Mais qui va garder les enfants ». Elle a critiqué le sexisme et le virilisme toxique en politique et a plaidé pour une perspective plus féminine et plus pacifique. Elle a également abordé des sujets tels que la natalité, la dette générationnelle et le droit à la beauté. Enfin, elle a évoqué son avenir politique et son nouveau rôle de présidente de l’association France-Algérie.

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