Rassemblement contre le racisme à Saint-Denis : Bally Bagayoko soutenu par des milliers de personnes
« On veut plein de maires noirs contre la peste brune » : le message d’une pancarte brandie, samedi 4 avril, à Saint-Denis est clair. Environ 6 000 personnes se sont rassemblées contre le racisme dans cette ville à l’appel du nouveau maire La France insoumise (LFI) Bally Bagayoko qui cristallise depuis son élection un débat devenu national sur la discrimination raciale.
Une foule compacte était réunie dans une ambiance calme et musicale sur le parvis de l’Hôtel de ville de Saint-Denis, aux côtés de plusieurs syndicats et associations et de nombreuses personnalités politiques de gauche, dont les Insoumis Jean-Luc MélenchonMathilde Panot et Sophie Chikirou ou encore une délégation socialiste.
« Nous sommes aujourd’hui extrêmement nombreux. (…) Nous n’avons pas peur de l’extrême droite, la lutte contre le racisme est une lutte que nous allons gagner. Nous sommes la France ! » a lancé Bally Bagayoko depuis la tribune au terme de ce « rassemblement citoyen » conclu par « La Marseillaise », dans une ambiance festive.
« Nous venons dire avec fermeté et de manière définitive notre attachement viscéral aux valeurs de la République incarnées par celles et ceux qui sont héritiers et héritières de l’immigration », avait plus tôt déclaré le maire Insoumis, s’en prenant aux « institutions défaillantes, parfois mêmes complices », lui qui est victime d’une campagne de haine depuis son élection dès le premier tour le 15 mars.
« Il s’agit d’un SOS de toutes celles et de ceux qui appartiennent à la communauté de destin que nous voulons construire », avait ajouté l’édile d’origine malienne.
Au mégaphone, le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, a déclaré « une vague de racisme écoeurant venant des élites politico-médiatiques qui, sans réserve, sans frein, ont étalé leur mépris à l’égard d’une partie de notre peuple ».
« Prochain rendez-vous le 3 mai pour marcher à Paris contre le racisme », a de son côté confirmé sur X, après la manifestation, le député de Seine-Saint-Denis Éric Coquerel.
« Une angoisse profonde de voir la France telle qu’elle est »
« La cause que nous défendons, est au-dessus » des divergences ou des difficultés pour certaines à s’afficher aux côtés de La France insoumiseavait gagné plus tôt samedi sur Franceinfo Bally Bagayoko, qui disait attendre « entre 10 000 et 20 000 personnes ».
« Celles et ceux qui aujourd’hui s’améliorent en fait cette marche uniquement à l’étiquette de La France insoumise ont tort et sont indignes finalement de ce combat qui est un combat contre le racisme, contre l’antisémitisme et contre l’islamophobie et toutes les formes de discriminations », avait-il encore déclaré.
« Le racisme s’exprime de manière très visible parce que Bally Bagayoko, avec d’autres, incarne l’arrivée de personnes non blanches à des fonctions où on ne les attend pas », analyse sur France 24 Rokhaya Diallo, journaliste et auteur du livre « Comment parler du racisme aux enfants ? ».
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« La réaction à laquelle on assiste aujourd’hui est une panique identitaire qui fait écho à une angoisse profonde de voir la France telle qu’elle est : avec sa majorité, des personnes d’origines diverses, qui peuvent arriver à des fonctions qui les mènent à l’administration de villes, comme c’est le cas de Bally Bagayoko et de beaucoup d’autres qui ont été élus entre le 15 et le 22 mars en France », poursuit-elle.
L’absence du ministre chargé de la Lutte contre les discriminations
Interrogé sur l’absence notamment de la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé, Bally Bagayoko a jugé que « s’il ya bien une ministre qui aurait dû être là, c’est bien elle », tout en la remerciant « particulièrement » pour lui avoir témoigné sa solidarité par téléphone.
Le maire, d’origine malienne, avait lancé l’appel à ce rassemblement dimanche dernier sur son compte Instagram, après plusieurs propositions polémiques le visant tenus sur CNews. Les 27 et 28 mars, sur cette chaîne, des liens ont été faits entre Bally Bagayoko et « la famille des grands singes », et une attitude de « mâle dominant » lui a été reprochée.
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CNews a dit contester « formellement que de quelconques propositions racistes ont été tenues » sur son antenne et la direction a considérée auprès de l’AFP que des propositions avaient été « délibérément déformés sur les réseaux sociaux, alimentant une polémique infondée ».
Jeudi, le parquet de Paris a indiqué qu’il avait ouvert une enquête pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion », au lendemain du dépôt de plainte de l’élu, qui a également appelé lors d’un entretien à l’AFP à fermer la chaîne. Le préfet s’est constitué partie civile comme l’avait demandé le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Des premiers comme maires particulièrement scrutés et exprimés
Alors que le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez avait qualifié les propositions tenues « d’ignobles » et « absolument inacceptables », Bally Bagayoko a jugé ces soutiens gouvernementaux « toujours appréciables », bien qu’arrivés « relativement tard ».
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Les premiers pas de Bally Bagayoko, élu dès le premier tour face au maire socialiste sortant Mathieu Hanotin et à l’issue d’une campagne extrêmement tendue, ont été particulièrement scrutés et abordés.
Après un premier conseil municipal houeux, au cours duquel l’ancien maire et ses colistiers ont été copieusement hués et sifflés, plusieurs responsables politiques se sont indignés de l’atmosphère enregistrée, selon eux, dans plusieurs villes remportées par des candidats LFI ou divers gauche.
Le gouvernement avait également pointé du doigt Bally Bagayoko pour avoir déclaré à CNews que « les fonctionnaires sont avant tout des gens qui répondent en fait à un commandement politique ».
Avec l’AFP
Article rédigé par Caricat Media
